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Structuration du mouvement du 22 février et transition.. Les propositions de Saïd Sadi

«Dans ce nouveau contexte et les slogans de vendredi passé ayant consacré ce fait, la question de la structuration qui revient sans cesse, peut maintenant être débattue», écrit l’ancien président du RCD dans une contribution.

Après près de trois mois de mouvement populaire, mais surtout d’impasse à cause de l’écart séparant les revendications du peuple de la voie constitutionnelle adoptée par l’état-major de l’armée et le pouvoir, Saïd Sadi estime qu’il est temps de débattre la question de la structuration. Sadi parle d’un constat «d’incompatibilité» entre deux protagonistes, qui «voient la scène algérienne sous deux angles différents». D’un côté, l’état-major de l’armée qui, «regardant vers le passé et usant d’une regrettable brutalité», veut son élection présidentielle avec les «mêmes procédés et pour les mêmes buts» que ceux qui ont provoqué l’insurrection du peuple. Et de l’autre, «ouverte sur le monde», la Révolution, qui veut sa transition pour «construire la République démocratique niée et combattue depuis 1962». «Dans ce nouveau contexte, et les slogans de vendredi passé ayant consacré ce fait, la question de la structuration qui revient sans cesse peut maintenant être débattue», écrit l’ancien président du RCD, dans une contribution publiée hier, sur sa page facebook.
Pour cela, et dans l’objectif d’appréhender dans les meilleures conditions la période de transition, il s’interroge sur «comment, quoi et qui doit intervenir ?» Avant de détailler sa réflexion et ses propositions en la matière, Saïd Sadi explique que «cette phase est déterminante pour la naissance d’un ordre républicain démocratique». Il fera remarquer que, pour les organes de la transition, il y a un large «consensus», citant entre autres «Présidence collégiale, directoire de la conférence de transition, commission indépendante d’organisation des élections, assemblée chargée d’élaborer la constitution, précédée de la prescription des préalables démocratiques…».
En pratique, et s’agissant des personnalités devant diriger cette séquence, il insiste sur le fait qu’elles «doivent s’y consacrer exclusivement, et renoncer à toute autre investiture ou responsabilité ultérieures». Jusqu’à l’organisation d’élections législatives et présidentielles, ces acteurs «devront s’interdire de tout engagement politique ou partisan», suggère-t-il encore, car le programme, qu’il soit libéral, progressiste, conservateur ou pragmatique, «sera l’affaire des femmes et des hommes qui auront à affronter les suffrages des électeurs». Le tout, «dans des conditions de transparence et de régularité irréprochables», ajoute Sadi. Dans sa contribution, sous le titre : «Divergences, ruptures et perspectives», il faudra, a-t-il appelé, «qu’il soit bien entendu et admis par tous, que la phase de transition n’est pas une période probatoire pour l’accès au pouvoir, mais une parenthèse ayant pour unique objectif de préparer et de garantir l’accès, l’exercice et le contrôle de l’exercice du pouvoir républicain». Selon lui, «si une charte prenant en charge ces fondamentaux est adoptée, le reste devient factuellement plus simple à réaliser».
Quant aux modalités de désignation des membres devant gérer les différentes instances de cette période, l’auteur rappelle que plusieurs formules existent déjà. Il cite le think tank Nabni, qui a proposé des modèles d’élections électroniques «qui peuvent être testés sur cette opération». «On peut organiser des élections régionales autour des six wilayas historiques. Des assemblées régionales, désignant plusieurs responsables participant aux diverses structures transitionnelles peuvent être programmées», propose-t-il encore.
Autre formule, Saïd Sadi pense que «des primaires peuvent être envisagées, les pré-élus pourront dégager en leur sein les futurs animateurs». L’ancien chef du RCD se lance, désormais, dans cette réflexion, car «le dialogue étant refusé, les compromis étant peu probables», alors que «l’Algérie réelle qui s’affirme à longueur de semaine doit maintenant se prendre en charge». Pour lui, la question n’est pas de savoir si l’échéance électorale du 04 juillet prochain va échouer, mais «de prévenir les coûts de son échec».
Aïssa Moussi

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