Home / Arrêt sur image / Sur le perron de la sortie…

Sur le perron de la sortie…

«Tout vient à point à qui sait attendre» ? La question se pose dans la perspective d’une transition démocratique qui satisfasse tout le monde. Toujours est-il que la chute d’un pilier de l’ancien régime, Tayeb Belaïz en l’occurrence, balise la voie de la décantation à venir. L’effet domino devrait s’enclencher automatiquement, maintenant qu’une pièce importante de l’échiquier politique est tombée. C’est même l’évolution politique attendue face à une élection présidentielle, d’ores et déjà, disqualifiée et déclarée nulle et non avenue par des magistrats, des P/APC et une large majorité populaire. On n’est certes pas encore sorti de l’auberge mais, le perron de la sortie de crise nous tend les bras. Et le changement de ton du chef d’État-major de l’armée y est pour quelque chose. En déclarant que «toutes les perspectives de sortie de crise restent ouvertes», il semble avoir enterré l’option d’une présidentielle, comme programmée.
De plus, en adressant un sérieux avertissement à l’ex-patron du DRS, sans toutefois le nommer, qu’il a accusé de comploter contre la volonté populaire, c’est trop grave pour se contenter d’une simple dénonciation publique. L’accusation relève de la haute trahison et, elle est donc passible d’un châtiment exemplaire aux yeux du peuple qui ne cesse de scander sa fusion et son adhésion à cette armée. Et faut pas se leurrer, c’est d’elle que viendra la nouvelle donne politique voulue par le peuple. Cette nouvelle donne ne pourra s’affirmer par de simples effets de manche ou un combat de coq entre généraux. Au-delà des personnes, l’armée a un rôle primordial à jouer. Elle reste une forme et une force de dissuasion nécessaire pour corriger les errements du passé et rétablir à présent la discipline dans les appareils de l’Etat.
Les institutions et les hommes censés représenter ce peuple ont besoin de cette discipline, mise à mal à divers échelons. Aussi, en passant devant un peloton disciplinaire, celui qui a été affublé en son temps de «Rab dzaïr» aura été remis à sa place de retraité, toujours tenue au garde à vous, et l’ANP aura consacré la cohérence de son discours destiné au «chaâb» et la discipline dans ses propres rangs. Des rangs forts de ses jeunes officiers, de haute formation, que ce soit en armée de terre, air ou mer, pour faire que «démocratie» rime avec «armée du peuple». Ce peuple a pris acte de l’engagement du chef de l’armée sur la nécessité de trouver «une solution dans les meilleurs délais». Il est vrai que ça ne peut attendre, d’autant plus que Ramadhan approche à grands pas et que ses gros sabots auront du mal à digérer la patience ou la sagesse.
Sur le perron de la sortie de crise, la patience a ses limites et c’est le maintien du statu quo qui poussera le mouvement populaire à marcher pour la 9e fois consécutive, demain vendredi. Ce mouvement attend beaucoup de la «grande muette», mais ne s’en laisse pas compter, pour autant. Il est fatigué d’attendre que l’effet domino s’enclenche automatiquement. Il tient à le déclencher lui-même et, bien des lettres de l’alphabet, en tête de certains patronymes, rejoindraient les «B» décriés pour l’heure. Quant à la question de savoir si oui ou non le «tout vient à point à qui sait attendre», elle reste posée sur le perron de la sortie de crise…
M. N.

About Letemps

Check Also

A mi-parcours…

Ouf, une moitié s’achève et, c’est le compte à rebours qui commence jusqu’à l’apparition du …