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Tambours creux…

Avril est connu pour ses blagues de mauvais goût, ses fantaisies à deux sous et son premier jour de poisson pourri. Au jour d’aujourd’hui et en ce mois de février plus ou moins douillet se jouent les prémices d’invraisemblances politiques qui serviront à ternir tout le dispositif mis en place en vue d’élections, pourtant aussi claires qu’une eau de roche. Dernière en date et en boîte : la très folklorique accusation de fraude électorale favorisée par la passivité de l’élite. Tout en se posant la question si la fraude était une fatalité, cette élite (on voudra savoir un jour laquelle…), ce candidat sorti de nulle part, sauf d’une retraite commode, rabaisse cette élite en la chargeant d’avoir permis à des opportunistes d’occuper les devants de la scène politique. Humiliés, individus et citoyens n’auraient plus le droit de se taire face à ce phénomène… Faut dire qu’il profite du prix à l’allumage qui veut que ce qui est inédit est à découvrir. Qu’il s’agisse du mensonge à la Judas, du diagnostic sociopolitique ou du scoop de mauvais augure, il est dans son rôle : amuser la galerie. Mais bon, évoquer la fraude sous toutes ses coutures a été la marotte de tous les mauvais candidats à travers le monde. Ce qui semble être la trouvaille de la bleusaille, c’est dresser un tableau apocalyptique du pays où l’on vit, pourtant. A l’entendre, le décor obstrue la vue et la pilule ne passe plus. Un gros et très compact nuage politique nous bouche la vue. Ce nuage porte en lui des vents violents, des tempêtes de sable qui font frémir à l’heure où tout le pays est en pilotage automatique. Le bateau ne sent plus la nécessité de hisser haut le pavillon de la perdition. La scène politique s’en charge et annonce des couleurs indescriptibles. Tout ce fouillis et ses focs d’énergie se gonflent d’inutilité alors que les radars se veulent imprécis. La barre du bateau ivre reste pourtant droite. Le staff de campagne électorale est en place avec un ex-Premier ministre en poste et beaucoup d’écartés attendent de rebondir à tout moment. Assurés de gagner au soir du 18 avril, ils se projettent, déjà, dans les festivités couronnant ce 5e mandat, en travers de la gorge de certains grincheux en mal d’horizons incertains et de grincements de gouvernail. Non, les matelots ne sont nullement désespérés, et ils croient en cet homme qui porte toute sa mission à bras-le-corps, malgré une satané maladie. Ils ont confiance, le pays a confiance et il est pratiquement le seul à pouvoir bien s’en acquitter. Les faiseurs de rois, les laboratoires d’analyses et de prospectifs étrangers ont fermé leurs portes à double tour, et l’entendement ne prévoit rien du tout. Même les candidatures aussi folkloriques que sympathiques de certains laissent entrevoir d’énigmatiques vagues d’inexactitudes qui vont déboussoler avec fortes secousses le compas des vérités ici-bas… De grâce donc, qu’on cesse de croire à des tambours creux, à dessous nauséeux, n’ayant aucun programme. Les problèmes que vit l’Algérie sur les plans économique, social, religieux, spirituel, culturel et moral sont justement dans ces tambours sortis pour embrouiller ceux qui travaillent pour le bien-être et la sérénité du pays. D’ailleurs, le message de candidature de M. Abdelaziz Bouteflika, communiqué hier, a été on ne peut plus explicite. Le reste n’est que niaiseries sur la friture…
M. N.

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