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Tandis que l’envoyé de l’ONU pour le Sahara occidental est dans la région: Washington accorde son soutien au Maroc

Tandis que l’émissaire de l’ONU, Horst Köhler, est dans la région pour tenter la relance des négociations engageant le Maroc et le Front Polisario, Washington soutient le plan d’autonomie.

Le plan d’autonomie proposé par le Maroc constitue «une option» pour apporter une solution à la question du Sahara, a affirmé, à Rabat, le secrétaire d’État adjoint, John Sullivan, qui effectue une visite dans le Royaume dans le cadre d’une tournée régionale. «Notre politique à ce sujet n’a pas changé. Nous considérons que le projet marocain d’autonomie du Sahara est l’une des options potentielles pour redresser la situation», a souligné le responsable US en réponse à une question à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita. Le secrétaire d’État adjoint a qualifié, à ce propos, de sérieux, réaliste et crédible le plan d’autonomie présenté par le Maroc. Le plan marocain est «un plan sérieux, réaliste et crédible qui pourrait satisfaire les attentes de la population du Sahara», a affirmé le responsable américain. Il a, en outre, relevé que les Etats-Unis continueront d’apporter leur soutien aux efforts du Maroc afin de trouver une solution au conflit sous l’égide des Nations unies. Il a fait observer que «la chose la plus importante est que notre dialogue avec le gouvernement marocain autour du plan d’autonomie, qui est sérieux crédible et réaliste, continuera. Notre coopération continue aujourd’hui et continuera demain», a-t-il assuré. Il a également indiqué que son pays soutient le processus diplomatique mené par l’ONU et ses efforts afin d’aboutir à une solution durable, politique et mutuellement acceptable à ce conflit. Ce soutien appuyé coïncide avec la présence de l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Koehler, dans le territoire. Horst Koehler faisait étape en Algérie, au Maroc, au Sahara Occidental et en Mauritanie pour la relance des négociations dans le cadre de la résolution de l’ONU. Le président du sahara occidental Brahim Ghali a reçu l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, en vue de relancer les négociations entre les deux parties en conflit, le Front Polisario et le Maroc. La résolution appelle à la relance des négociations engageant le Maroc et le Front Polisario en 2018. Le soutien américain au plan d’autonomie proposé par le Maroc ne motive pas les négociations. L’envoyé onusien a révélé que le secrétaire général du Front Polisario lui a exprimé son souhait de voir l’ONU honorer ses engagements et œuvrer à la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité afin de trouver une solution à cette question. La résolution de l’ONU prolonge de dix mois le mandat de la Minurso au Sahara occidental. Horst Kohler dit souhaiter un nouvel esprit pouvant conduire, au terme de davantage de négociations, à une solution acceptée par les deux parties et levant un obstacle devant le processus de développement de la région nord-africaine dans son ensemble. Horst Kohler était arrivé lundi aux camps de réfugiés sahraouis en provenance de Nouakchott et auparavant d’Alger, en application des recommandations de la résolution onusienne 2414 considérant les pays voisins, notamment l’Algérie et la Mauritanie, comme observateurs.

Nouveaux affrontements

La condamnation des 53 meneurs du Hirak, nom du mouvement de protestation qui a agité le Maroc en 2016-2017, a suscité des réactions d’incompréhension et d’indignation dans le royaume. La région marocaine du Rif (nord) a été le théâtre d’affrontements et d’arrestations après la condamnation des meneurs du mouvement du Hirak à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison. «Une soixantaine de jeunes dans le centre de Boukidan (un village près d’Al-Hoceïma) ont bloqué la route avec des barricades et des pierres, ce qui a nécessité l’intervention des forces de l’ordre pour rétablir la circulation», selon des informations obtenues par l’AFP auprès des autorités locales. «Les forces de l’ordre ont été la cible de jets de pierres pendant une heure de la part de ces jeunes, causant des blessures plus ou moins graves à une dizaine d’agents dont un a été grièvement blessé à l’arme blanche», selon les autorités locales. «Tous ont été hospitalisés et six instigateurs photographiés pendant la nuit, preuve à l’appui, ont ensuite été arrêtés conformément au respect strict des procédures en vigueur et seront déférés devant la justice»? Des médias marocains font aussi état d’affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre dans des localités proches de la ville d’Al-Hoceïma, avec une série d’arrestations. Un membre de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) a été arrêté vendredi à Imzouren, près d’Al-Hoceïma, a indiqué à l’AFP un militant local de l’AMDH qui a également fait état d’arrestations à Al-Hoceïma et Boukidan. La condamnation des 53 meneurs du Hirak, nom du mouvement de protestation qui a agité le Maroc en 2016-2017, a suscité des réactions d’incompréhension et d’indignation dans le royaume. Le leader du mouvement Nasser Zefzafi et trois de ses compagnons ont été condamnés à 20 ans de prison pour atteinte à la sécurité de l’Etat. Le journaliste Hamid el Mahdaoui a été condamné jeudi à trois ans de prison après sa couverture des événements. Les deux principaux syndicats de la presse du royaume ont fustigé vendredi cette condamnation «extrêmement sévère». Les leaders des partis de la majorité au Maroc ont, eux, affirmé vendredi «respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire», tout en évoquant la possibilité pour les condamnés de «faire appel». Des députés de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) ont déposé au Parlement une proposition de loi pour une amnistie générale des détenus du Hirak, en phase avec une pétition en ce sens lancée sur internet. Une quinzaine d’associations européennes et arabes ont demandé «l’annulation de ces peines et la libération immédiate des détenus» dans une déclaration commune à Barcelone. Les autorités marocaines assurent que le procès s’est tenu conformément aux normes de la justice internationale, en présence d’observateurs indépendants et de médias. A Al-Hoceïma, épicentre du mouvement, les autorités locales ont mis en exergue, jeudi, l’avancement des chantiers de développement lancés dans la région historiquement frondeuse et marginalisée.

Mounir Abi

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