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Théâtre.. «Une Tempête» d’Aimé Césaire, présentée à Alger

La générale de la pièce «Une tempête», une réflexion sur le concept de race, sur le pouvoir, et la décolonisation de l’écrivain Aimé Césaire a été présentée, mercredi à Alger, par «La troupe du Festin», devant un public très peu nombreux. Accueilli au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), le spectacle a été mis en scène par Afifa Bererhi et Lionel Longubardo sur un texte tiré de «La tempête», œuvre originale de William Shakespeare, réécrite et réadaptée en 1969 à la période «post-coloniale et anticolonialiste» par Aimé Césaire (1913-2008). Jouée par une dizaine de comédiens amateurs, la trame a été focalisée dans sa réécriture sur les personnages de, «Prospéro», maître blanc incarnant le colonisateur et ses pratiques de déculturation et de déshumanisation, ainsi que ses deux serviteurs opprimés et soumis, «Ariel» la mulâtre, et «Caliban» l’esclave, qui vont proposer deux visions différentes du combat pour la liberté. Ainsi, si Caliban, jadis propriétaire de l’île envahie par Prospéro et ses hommes, s’est résolu à mener une révolte avec ses compatriotes, rejetant sa condition d’esclave, Ariel, prône la non-violence, préférant la ruse et la sagesse à toute autre forme d’affrontement. Sur un espace doté uniquement de quelques accessoires, les metteurs en scène ont choisi de miser sur la densité du texte et la direction d’acteur, faisant valoir le jeu des comédiens, qui se sont donné la réplique, 90 mn durant, dans des échanges soutenus, occupant l’ensemble de la scène. «Nous n’avons bénéficié d’aucune subvention, d’où la difficulté de monter un décor et habiller les comédiens», a tenu à préciser Afifa Bererhi. Foulant la scène pour la première fois pour bon nombre d’entre eux, les comédiens, tous universitaires et amateurs de théâtre, ont su porter le texte, soutenus par des projections vidéos, pour illustrer des flashs back reconstituant la genèse de l’histoire. «La troupe du Festin» a déjà monté durant son année de création, en 2018 par Afifa Bererhi, «Don Juan» pièce de Molière présentée au Tna avec quelques uns des comédiens qui récidivent cette année avec «Une tempête», un spectacle intellectuellement contenu, et qui demande, cependant, plus de travail dans son volet biomécanique notamment.
R. C.

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