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Tin Hinan: La reine des Touareg, toujours vivante

En accompagnant les chercheurs et participants au 1er colloque international «Pratiques sportives traditionnelles et tourisme culturel durable» organisé par l’association ‘Sauver l’Imzad’ à Tamenrasset à la visite du mausolée de Tin Hinan à Abalessa, on a senti que la reine berbère y vit toujours.

Alors qu’il pleut à Alger et que les monts de Chréa et ceux Djurdjura sont recouverts par la neige, le soleil de midi nous rappelle les chaleurs d’été. On quitte Dar El Imzad où se tient depuis le 08 janvier le colloque international Pratiques sportives traditionnelles et tourisme culturel durable organisé par l’association Sauver l’Imzad pour nous diriger vers Abalessa qui se trouve à cent kilomètres de Tamanrasset. L’autobus glisse sur le bitume fraîchement étalé sur la route menant de Tam vers Tindouf puis ralentit pour quelques passages sur piste. Le paysage écrasé par le chaud soleil est constitué de monts rocheux, bien que la couleur dominante tire vers le jaune sablé. La musique Targuie choisie par le chauffeur nous permet de ne pas nous endormir après la soirée tardive animée par un groupe moderne de Tamenrasset et les joueuses d’Imzad. Le temps passe vite.

La vie dans un désert

On se retrouve à l’entrée du site choisi il y a prés de deux mille ans par la reine Tin Hinan pour y vivre. La vie dans un désert ? C’est difficile d’y croire. Et pourtant la belle Tin Hinan a du passer par des milliers de kilomètres pour découvrir ce lieu rocailleux perché sur le passage d’un oued. L’oued, c’est l’eau, c’est donc, la vie. La belle femme qui aurait été boiteuse, selon Ibn Khaldoun, est bien accueillie par les habitants des lieux. Des chants touareg confirment les descriptions d’Ibn Khaldoun qui la surnomme El Ardja (la boiteuse). Les scientifiques qui ont analysé son squelette auraient également confirmé cette thèse. Les poèmes touareg insistent aussi sur la grande beauté de cette femme qu’ils ont vénérée et qu’ils considèrent comme leur reine originelle.

Beauté exceptionnelle

Pour ce qui est de la beauté exceptionnelle de Tin Hinan, on ne peut qu’y croire en regardant ces joueuses d’Imzad ou ces jeunes filles dont la beauté nous encourage à devenir des adeptes de la polygamie. Ces jolies filles qui nous ont accueillis à Abalessa pour nous offrir un Mechoui, des dattes et du lait de chamelle avaient tous les critères de la beauté : les beaux yeux clairs sur un visage clairs mais recouvert de bleu de Nyla pour contrer les rayons du soleil, la démarche de gazelle et la voix très féminine et douce qu’accompagne un sourire indescriptible. Tififafh et son amie s’assoient à terre, prés de nous et n’hésitent pas à répondre aux questions des deux grands experts Slimane Hachi et Abderrahmane Ayoub qui nous étonnés par leur modestie en se mettant tout ouïe devant ces jeunes filles, devenues pour un moment, un moment inoubliable sous un arbre où Tin Hinan aurait passé une sieste lorsqu’elle régnait sur cette région. Comme nous l’avait expliqué l’anthropologue Slimane Hachi, Tin Hinan avait choisi ce lieu magique parce qu’il y avait l’oued, donc, l’eau, les arbres et la vie. Les français ne sont arrivés à Tamenrasset qu’au début du siècle dernier.

Les bijoux

Après la découverte du mausolée et surtout du tombeau de cette reine nichée sur cette colline rocheuse transformée en petit palais royal dont la disposition des chambres est étudiée pour une Zyara pour voir la reine, mais aussi pour l’emplacement de Tin Hinan dont les grosses pierres qui le recouvrent sont toujours immobiles et présentes pour raconter son histoire. Une histoire qui n’a pas révélé tous ses secrets. Le squelette et les bijoux découverts dans son tombeau sont exposés aujourd’hui au musée du Bardo à Alger alors qu’une autre partie de ses bijoux seraient toujours en France. A Abalessa et durant les soirées passées aux côtés des joueuses d’Imzad et des Touareg qui lisaient des poèmes, on a senti que ces hommes et ces femmes nobles gardent les mêmes traditions, les mêmes habitudes et la même sagesse que celle du temps où régnait Tin Hinan. A travers ces hommes et ces jolies femmes du Sahara, on a senti que Tin Hinan est toujours vivante.

Bari Stambouli

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