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Tizi Ouzou: 22500 quintaux de liège récoltés

C’est sans doute la toute première fois que la wilaya de Tizi Ouzou récolte une aussi importante quantité de liège qui est de l’ordre de 22500 quintaux sur les 32000 escomptés.

Ces chiffres ont été rendus publics par la responsable de l’Entreprise de génie-rural du Djurdjura (ERGR) chargée de cette opération. Malgré, donc, les incendies, notamment ceux de l’année 2017 qui ont ravagé des milliers d’hectares de forêts, la récolte de cette année est des plus bonnes. Si l’on retourne quatre années en arrière, on s’apercevra que la récolte n’avait même pas atteint les 5000 quintaux. Aujourd’hui, elle est multipliée par quatre. Parmi les raisons qui peuvent expliquer cette augmentation conséquente de la profusion, la décision prise en 2013 d’arrêter l’exploitation du liège pour une durée indéterminée comme mesure pour préserver les subéraies, notamment au niveau des cantons forestier d’Azazga, d’Azeffoun et de Tigzirt. Cependant, cette bonne récolte n’est pas seulement synonyme d’une bonne santé de l’espace forestier. Bien au contraire. Ce dernier continue de subir des agressions multiformes. La wilaya de Tizi Ouzou dispose d’une couverture forestière qui s’étale sur 112 000 ha, dont 48 000 ha de forêts et 64 000 ha de maquis. Ce qui représente 38% de la superficie totale de la wilaya (293 116 ha). La forêt est essentiellement composée de chêne qui couvre une superficie de 33 500 Ha dont les principaux massifs forestiers se situent sur la partie comme Azazga, Bouzghuène et Zekri composée aussi de chêne-liège, chêne zeen et chênes afares et qui englobe les forêts de Béni Ghobri, Akfadou, Azouza, Taksebt et Taguemonut. La partie ouest (région de Draâ El Mizan-Tizi Gheniff Sid Ali Bounab) comprend les forêts de Boumahni, Beni Khelfoune, Moulay Yahia et Larbaâ. La partie sud pour sa part, composé de chêne vert et de cèdres, comprend la chaîne du Djurdjura, de Boghni et du col de Tirourda. Une partie de ce patrimoine forestier se trouve intégré dans le Parc national du Djurdjura qui s’étend sur une superficie de 18 000 ha, dont 10 000 ha dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ce parc fait partie du patrimoine mondial de la biodiversité (faune et flore). Aussi, il est également projeté un Parc régional dans l’Akfadou. Ces différents massifs connaissent, outre les incendies qui les touchent chaque année et la pollution, un autre phénomène qui aggrave la déforestation. Il s’agit de la coupe illicite du bois et l’extraction de liège se pratique surtout à l’intérieur de la forêt et à grande échelle.

Le dicktat des braconniers

Pis encore, parfois on ose même étaler, exposer les sujets abattus aux abords des routes où ils sont proposés à la vente. Tout ça, dans une situation qui s’apparente à de l’impunité. Cette pratique se généralise de plus en plus et aucun espace forestier n’échappe à cette fatalité. Du massif de Yakourène à l’est, en passant par celui de Mizrana à l’ouest jusqu’à Amejoudh et El Maj au sud, aucune proportion n’est épargnée par ce phénomène pratiqué à grande échelle. On y scie et coupe les arbres pour pratiquer son commerce : vendre du bois de chauffage ou des «pieds-droits» pour les travaux de bâtiment. Les exemples de ce massacre à la tronçonneuse ne manquent pas. A titre illustratif, dans le vaste massif forestier d’Amdjoudh, massif qui chevauche les communes de Maâtkas et Beni Zmenzer, au sud de la capitale du Djurdjura, l’ampleur du massacre est tout simplement effarant. Personne n’est en mesure de donner, même de manière approximative, le nombre de sujets abattus quotidiennement par les «braconniers». Ces derniers ont une préférence particulière pour certaines espèces d’arbres comme le pin, le chêne zen, l’eucalyptus qui les pourvoient en matière «première». Les autres massifs cités plus haut et qui sont les plus vastes au niveau de la wilaya, à savoir ceux de Mizrana et Yakourène, subissent les mêmes dégâts. La chute drastique de la production de liège au niveau national constitue une menace réelle sur les emplois crées par la filière d’exploitation de liège et des unités de transformation de ce produit risquent de fermer par manque de matière première qui est dû aussi au dérèglement de l’exploitation.
La wilaya de Tizi Ouzou, en ce qui la concerne, manque cruellement de ce type d’unités de transformation de liège. Aujourd’hui, les forestiers estiment qu’il est primordial d’élaborer une réelle politique de gestion durable des subéraies, leur production en liège et les transformations industrielles du liège et le développement de la filière d’exploitation de lièges qui est appelé à jouer un rôle important dans le développement des économies hors hydrocarbures.

Brahim B.

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