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Tizi Ouzou: Grève générale des commerçants aujourd’hui

Malgré l’annonce faite il y a quelques jours par les responsables de la Casnos de Tizi Ouzou sur le recul de la décision d’imposer les cotisants au-delà du seuil minimum de la déclaration qui est de 32 400 dinars et le retrait des poursuites judiciaires lancées à l’encontre de certains cotisants, rien ne semble atténuer la colère des commerçants.

Ceux-ci disent subir des harcèlements et des impositions qui réduisent drastiquement leurs activités et affectent leurs bilans dans un contexte de crise et de ralentissement de l’activité commerciale en général, ralentissement induit par la crise financière qui secoue le pays depuis plusieurs mois déjà.
Ainsi donc, la wilaya de Tizi Ouzou risque d’être paralysée dans sa quasi-totalité dès ce matin suite à l’appel lancé la semaine dernière par le collectif des organisations et associations professionnelles de la wilaya de Tizi Ouzou, qui regroupe l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), le Collectif d’appui à la micro-entreprise (CAME) et la Fédération nationale des jeunes entrepreneurs (FNJE). Le collectif a invité, à travers un appel-déclaration largement placardé à travers les localités et le chef-lieu de la wilaya, l’ensemble des adhérents de ces associations (commerçants, entrepreneurs, éleveurs, transporteurs, fonctionnaires libéraux et artisans) à observer une grève aujourd’hui mercredi à travers l’ensemble des localités de la wilaya, action qui sera ponctuée d’un rassemblement devant le siège de la CASNOS de Tizi Ouzou.
La décision d’aller vers une grève générale a été prise, pour rappel, lors d’une réunion tenue il y a quelques jours pour réclamer la prise en charge de certaines revendications soumises aux pouvoirs publics depuis plus d’une année et suite à la non-exécution des engagements pris par la direction de la Casnos lors de la réunion du 28 décembre 2016 tenue au siège de la wilaya pour débattre de la question des cotisations à la caisse des assurances sociales. Selon le même appel, les engagements en question concernent le maintien du minimum à payer en matière de cotisation tel qu’édicté par l’article 14 du décret exécutif 15-289, soit la somme de 32 400 DA par année, l’indemnisation des cotisants à la CASNOS ayant payé plus, l’amélioration des prestations et l’arrêt des poursuites judicaires prises à l’encontre de certains cotisants.
«L’annonce faite par la Casnos sur ce recul ne semble pas avoir apaisé les esprits. Certains cotisants parlent de pressions et de magouilles. On nous fait passer par le contrôleur. C’est une sorte d’intimidation afin de nous pousser à payer plus», dira Samir questionné à ce propos. «Ce n’est pas à moi d’aller chez le contrôleur. C’est à lui de faire son travail. Cette manière de faire n’est qu’intimidation et pression. Ils nous disent qu’ils vont éplucher nos comptes bancaires avec les impôts si l’on déclare er juste le minimum. Qu’ils le fassent !», peste-t-il avant de poursuivre : «moi j’ai une boutique d’habillement pour enfants. Je ne vous cache pas qu’en plus du prix exorbitant que je paie pour le loyer, je passe des fois des journées entières sans vendre un seul article».

Appel et contre-appel

Si les associations rassemblées dans le collectif cité plus haut maintiennent leur appel à la grève générale, voilà qu’une autre aile de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), le nouveau bureau, représenté par Samir Djebbar, ainsi que le secrétaire national de l’UGCAA, Djamel Taklicht, s’est démarquée de cette action et condamne énergiquement les actions qualifiés d’ «illégitimes» de l’ancien bureau qui a été, selon un communiqué rendu public il y a trois jours «gelé par la direction nationale de l’Union générale des commerçants et artisans algériens». Dans un appel placardé un peu partout à Tizi Ouzou ville, le nouveau bureau dont le poids et la représentativité ne sont pas encore établis, dit «non à la grève». «L’Union générale des commerçants et artisans algériens, au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, dément catégoriquement l’appel à la grève qui a été lancé par un bureau illégitime», souligne le communiqué du nouveau bureau de l’UGCAA qui ajoute : «L’appel à une grève au sein de l’union obéit à des règles et des principes bien clairs, mais dans le cas de cet appel, il n’y a aucune raison pour faire grève, il n’y a non plus aucune consultation de la base, pis encore, ceux qui ont fait appel à cette grève n’ont aucune position légale ni statutaire pour le faire», avant d’être plus menaçant : «Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour que les responsables de cet appel prennent toutes leurs responsabilités devant la loi». Si certains commerçants semblent être désorientés par ces «appels-contre- appels», il n’en demeure pas moins qu’une grande partie des commerçants suivra cette grève, notamment les adhérents du CAME qui sont des milliers à sortir à chaque fois dans la rue pour réitérer leurs revendications, eux dont les entreprises étouffent et sont au bord de la faillite, pour ne pas dire en faillite.

Brahim B.

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