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Tourisme : Il ne suffit pas d’avoir des hôtels…

 

Le tourisme n’est pas une affaire d’hôtels même si l’infrastructure y est pour beaucoup dans son développement. Le tourisme est défini comme étant un «phénomène social, culturel et économique qui implique le déplacement de personnes vers des pays ou des endroits situés en dehors de leur environnement habituel» et a des «répercussions sur l’économie, sur l’environnement naturel et bâti, sur la population locale de la destination et sur les touristes eux-mêmes». Les spécialistes du domaine estiment qu’en en raison de ses «impacts multiples, de la gamme et de la variété des facteurs de production requis pour produire ces biens et ces services achetés par les visiteurs, et de l’éventail d’agents intéressés ou touchés par le tourisme, il convient d’adopter une approche intégrée en matière de développement, de gestion et de contrôle du tourisme. Cette approche est fortement recommandée pour la formulation et l’application des politiques touristiques nationales et locales, ainsi que des accords ou autres mécanismes internationaux nécessaires concernant le tourisme». Il existe trois formes de tourisme de base : le tourisme interne, le tourisme récepteur et le tourisme émetteur.

 

Le constat

Ces trois formes peuvent être combinées de différentes manières pour donner ces formes supplémentaires : tourisme intérieur, tourisme national et tourisme international. Qu’en est-il ici, notamment dans la wilaya de Tizi Ouzou. Il est vrai qu’on a  toujours  parlé de tourisme tout court, de tourisme solidaire, d’éco-tourisme ou tourisme vert, voire même de tourisme cultuel, etc. Mais tout est resté au stade de la parole, de concepts. Le tourisme c’est aussi une culture, une façon d’être. Le constat est donc là et il est surtout accablant. La wilaya de Tizi Ouzou est au tourisme ce que la «garantita» est à la gastronomie. En effet, il est difficile de parler de tourisme dans cette wilaya qui, pourtant recèle pourtant d’importantes potentialités naturelles. Seulement ces dernières ne suffisent pas à elles seules à booster un tel secteur véritable levier de développement. L’absence d’une politique touristique digne de ce nom, d’investissements, de formation dans la culture du tourisme etc, font que cette wilaya est la traîne et ne peut prétendre à un développement en la matière dans un proche avenir. Tout est à repenser, à faire. Des zones d’extension touristiques (ZET) bloquées aux zones de montagnes à l’abandon, tout y est. «Le tourisme ce n’est pas le décompte des estivants qui transitent quotidiennement par les plages repoussantes en raison de leur insalubrité», ironise Saïd, tenancier d’un hôtel-bar-restaurant à Tizi Ouzou. «On est  loin de répondre à la norme. Nous n’avons aucune culture touristique», ajoute-t-il non sans dépit.

 

Blocage

Les facteurs bloquants sont très nombreux. Depuis des années on parle, à chaque célébration, de projets à lancer, de contraintes à lever, de foncier à assainir. Ensuite, on remet ça dans le tiroir à souvenir avant de le rouvrir à la prochaine célébration. Il y a deux années, on avait annoncé, pour la énième fois,  que 205 projets d’investissement touristiques ont été inscrits en faveur de la wilaya dont 25 étaient en cours  en cours de réalisation et que les travaux de réalisation de 82 autres infrastructures hôtelières venaient d’être lancés alors qu’une centaine de projets peinent à voir le jour en raison de contraintes liées au foncier touristique. Les zones d’extensions dont celle  de Sidi Khelifa (entre Azeffoun et Sidi Khelifa) d’une superficie de 637,5 ha, de Blerouna 637,5 ha, de Djemaâ N’Rbat (entre Tigzirt et Azeffoun) 17 ha, de Zegzou (Iflissen) 147 ha, d’Abechar 116,4, ha, de Féraoun  70,6 ha et de Tassalast (Tigzirt ouest) d’une superficie de 168 ha, sont toujours en situation de stand-by en raison d’un problème de taille qui se pose  sans cesse comme une litanie. La prise en charge de ce patrimoine pose un problème crucial qui risque de ne pas faire aboutir tout projet d’aménagement. Etant des propriétés privées, cette prise en charge doit passer inéluctablement par le rachat par l’Etat par l’exercice du droit de préemption des biens situés  à l’intérieur de ces zones conformément aux dispositions prévus par la réglementation en vigueur. Un deuxième problème se pose au niveau de ces zones : il s’agit de l’absence    d’un cadastre  général bien qu’une opération de cadastre soit menée conjointement par les services des domaines et de la conservation des forêts pour toute transaction de biens situés à l’intérieur des Zest. Les zones de montagnes ne sont pas en reste. Le  lancement du programme d’aménagement des nouvelles zones d’expansion touristique en montagne notamment celles d’Azrou n’Thur dans la commune d’Iferhounène, de Tizi Ouadjaboub à Bounouh, et de  Yakourène n’est  qu’un rêve étouffé. Ces nouvelles Zest attendent qu’elles soient créées par décret, une étape qui précède celle de l’étude pour la conception des équipements et des infrastructures. Pire encore, certains sites qui  jadis faisaient la fierté de toute la région sont aujourd’hui livrés à l’insalubrité, à la pollution. C’est le cas du site de Tala Guilef. Depuis des mois, les responsables du Parc national du Djurdjura (PND) lancent des appels récurrents à l’endroit des autorités locales de la commune de Boghni, pour qu’elles interviennent et mettre un terme au massacre écologique que subit cette réserve naturelle. Des appels qui sont tombées dans les oreilles d’un sourd.  Ce site est aujourd’hui devenu une décharge à ciel ouvert. Des montages de déchets de toutes sortes défigurent le site de Tala Guilef.

Brahim B.

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