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Tout en refusant de reprendre les gardes: Les résidents se rassemblent à Alger

La reprise du dialogue entre le ministre de la Santé et les médecins résidents en grève depuis six mois, sur la plateforme de revendications de ces derniers, n’est pas pour demain.

Au moment où le Pr Mokhtar Hasbellaoui demande aux grévistes de reprendre les activités de garde au moins, pour relancer le processus de négociation sur les points en suspens, les résidents rejettent l’offre estimant qu’il n’y a aucune garantie pour leur satisfaction.
C’est, en effet, le résultat d’une réunion «non médiatisée», tenue lundi dans l’après-midi entre les deux parties. «Nous avons été reçus par le ministre pendant une quinzaine de minutes, et il a conditionné la reprise du dialogue par la reprise du travail durant les gardes», affirme le Dr Mohamed Taïleb, délégué du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). Rencontré, hier, lors du rassemblement national au CHU Mustapha Pacha d’Alger, il explique que cette réunion a été convoquée «en dernière minute» et a vu la participation de quelques délégués du centre. Selon lui, le ministère «aurait de nouvelles propositions». Mais, a-t-il ajouté, «nous lui avons clairement expliqué que les raisons pour lesquelles nous avons arrêté les gardes sont toujours là».
Les deux protagonistes se sont séparés sans la moindre entente. Et c’est le mode de pression qu’adoptent les médecins résidents face à l’insistance de la tutelle à arracher la reprise de l’activité de gardes. Plusieurs centaines de blouses blanches venues de différentes wilayas du centre ont pris part à un rassemblement au plus grand CHU de l’Algérie, suivi d’une marche à l’intérieur. Des arrestations ont été enregistrées «par centaines» au niveau de la gare routière de Kharouba, la gare ferroviaire Agha, ainsi qu’au niveau des gares de Tizi Ouzou et de Blida, précise le Dr Taïleb. Les services de sécurité fortement déployés ont procédé à la fouille et passaient au peigne fin toutes les personnes suspectées d’appartenir au corps médical, a-t-on constaté dans les rues d’Alger. Le Dr Soufiane Bensbaa a estimé à «plus de 300» le nombre d’arrestations.

Tension

A l’hôpital, la tension était montée d’un cran et les choses ont failli dégénérer lorsque les médecins résidents voulaient coûte que coûte sortir à l’extérieur pour marcher. Une partie du portail principal a même été arrachée par les médecins résidents devant les éléments des forces antiémeutes qui se trouvaient à l’extérieur.
A un moment, la foule a même été dispersée par un jet d’eau froide. Des sources sécuritaires ont évoqué «des instructions pour ne pas user de répression, mais surtout de ne pas laisser les médecins marcher». L’action coïncide, faut-il le préciser, avec la sortie de terrain qu’effectuait le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Face aux force de l’ordre déployées en grand nombre, les protestataires ont crié leurs slogans habituels «Fierté, dignité, solidarité», «Jusqu’au bout, jusqu’au bout. Résidents toujours debout», ou encore «Maranach khayfin».

«On est des médecins en formation»

Vers 15h00, les médecins résidents ont tenté d’atteindre le siège de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) pour y tenir un sit-in, mais en vain, puisque «la majorité a été interpellée en chemin», nous dira un délégué de wilaya. Conduites dans différents commissariats, les personnes interpellées ont fini par être libérées. Enfin, pour le Dr Mohamed Taïleb, cette action nationale est «un autre appel au président de la République pour qu’il intervienne et mettre fin à la crise». Elle a pour mot d’ordre aussi de dénoncer l’attitude des ministères concernés par le conflit qui «ne veulent pas trouver de solutions et investissent dans l’impasse en cherchant à briser casser le mouvement de grève».
Le délégué du Camra a regretté «les conditions» imposées par Hasbellaoui pour la reprise des négociations, s’interrogeant : «Pourquoi comptent-ils sur les résidents pour les gardes, alors qu’on est censés, selon la loi, être en formation et tenus uniquement d’accompagner les assistants ?» Au stade où en est la situation, c’est «la démission collective qui est en discussion», conclut le Dr Taïleb.

Aïssa Moussi

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