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Tout un roman à écrire…

Le roman-feuilleton a quelque peu perdu ses lettres de noblesse. Pourtant, sans être romanesque, l’actualité politique du moment pourrait très bien inspirer des romanciers. Et, y a matière à romans, offrant en filigrane, un aperçu de ce qu’est la politique. Faut dire que depuis que le monde est monde, la politique trouvera toujours des démunis d’esprit, ne comprenant pas que le romancier possède tous les sauf-conduits, pour accéder à une dimension où nulle loi n’interdit l’originalité du récit. Ce récit sera, évidemment, critique, mais il n’arrêtera pas le rouleau compresseur des évènements, et ne fera pas changer significativement les mentalités.
Ça sera juste l’occasion de faire une satire acerbe et amusante de nos différentes catégories sociales. La cupidité des uns, l’incompétence des autres, le tout mariné aux ruses d’une justice en mutation, y seront la trame qui nous évitera l’oubli, l’accoutumance et l’indifférence. Et tant pis si certains s’en prenaient plein la gueule, dans ce roman à écrire. Les potentiels romanciers n’étant pas procureurs ou journalistes d’investigation, on s’attend d’être confrontés à toutes sortes de personnages hauts en couleurs car, entre arrestations, mandats de dépôt et tentatives de lynchage de politiciens, anciens ou en exercice, la scène politico-judiciaire n’a jamais été aussi agitée, aussi emballée.
Qui tire les ficelles ? Des romanciers nous le diront, peut-être. En attendant, les spéculations font rage sur les réseaux sociaux. Du fiasco annoncé de la conférence de consultations au Palais des Nations, aux convocations de l’ex-Premier ministre et de l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, en passant par les affaires de corruption, en veux-tu en voilà, ces spéculations n’augurent rien de bon pour certains «dignitaires». Seul un bon roman, receleur de vérités dignes de nous éclairer sur le devenir et l’avenir de ce pays, pourra satisfaire les curiosités de cette république, finalement sans majuscule. Est-ce la fin d’une époque, la fin d’une génération ? La rue ne cesse de la demander, cette fin, et depuis belle lurette. Elle en a même écrit le prologue, attendant pacifiquement l’épilogue, espéré avec youyous, chants et sourires.
C’est la caractéristique qui démontre, encore une fois, l’esprit chevaleresque d’un peuple qui ne tire pas sur les ambulances, qui ne plante pas des banderilles à ceux qui sont à l’agonie. Ce peuple leur demande juste de partir, pour qu’il puisse enfin respirer la liberté de dire, de penser et de réfléchir à son Algérie, pas à celle des escrocs patentés. Asseoir la démocratie, organiser des élections libres et transparentes pour un régime politique nouveau, ça sera pour quand ils ne seront plus là. Et, comme le dit si bien notre expression populaire : «Ne sent la braise que celui qui a le pied dessus», des millions de pieds sentent douloureusement cette braise, et souffrent quotidiennement de sa brûlure. Pas les pieds chaussés confortablement de pur cuir, et considérant nos millions de contestataires de «va-nus-pieds». C’est dur et insoutenable à entendre, mais l’expression populaire a certainement l’âge de nos aïeux qui, fièrement et dignement, marchaient pieds nus au contact direct de leur terre ancestrale. Par contre, le «va-nus-pieds» a une résonnance de mépris, tirant son essence de l’époque coloniale, (…). Tout ça, un roman saura l’expliciter, en large et surtout en travers…
M. N.

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