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Tristes, les portails d’école…

Triste était le spectacle aux portails des écoles, collèges et lycées hier. La grève décrétée par l’Intersyndicale de l’Education nationale, et dont la trame de fond reste confuse, renvoyait des milliers, des millions d’élèves à la rue. Triste constat, énième constat qui plante un décor d’indigence, de résignation et beaucoup de colère face à la responsabilité de ceux qui ont voulu que cette grève ait lieu. Ils ont, certes, la liberté d’exprimer leurs différents désaccords avec la tutelle, mais ont-ils mesuré la portée de cette liberté quand des élèves se retrouvent, encore une fois, pris en otages ? La responsabilité des potentiels échecs de ces élèves, surtout en classes d’examen, est engagée, mais hélas pas assumée. Et ceux qui disent vouloir guérir le secteur dit «malade» commenceraient bien par prendre en considération les élèves qu’ils forcent à s’absenter.
Et l’on ne peut prescrire ou recommander des schémas de guérisons sans calculer la profondeur du désastre subi par ces mômes, ces êtres frêles au sourire figé par ces jours de grève. Ô le calcul, ces grévistes savent y faire ! Ils savent calculer les retombées des revendications socioprofessionnelles, du statut particulier, d’indice salarial et d’œuvres sociales avantageuses! En piètres mathématiciens, ces calculateurs n’ont que la roublardise, l’esbroufe et l’escroquerie intellectuelle en partage. Et alors que le secteur vit une crise sans précédent du fait d’un système pédagogique qui a montré ses limites, tous les partenaires sociaux feignent d’oublier que c’est la fameuse réforme, initiée notamment par un ministre à la tête du secteur durant 16 ans (!), qui a valu à l’école algérienne ce véritable naufrage. Cette réforme a transformé l’école en laboratoire expérimental, avec toutes les répercussions qu’essaye de corriger la tutelle d’aujourd’hui.
L’enseignant ne maîtrise pas son sujet et l’élève est plus que jamais perdu. Normal alors qu’une génération d’élèves, tous paliers confondus, sache à peine lire et écrire. C’est le cas notamment au niveau des écoles primaires ou des instructions auraient été données aux enseignants afin de faire passer automatiquement les élèves de première année en deuxième puis en troisième, même si ces derniers ne connaissent même pas leur alphabet. Et ça se dit enseignants responsables ! Pourtant, ça n’est pas la faute des élèves, ces mal lotis sur une chaloupe à la dérive. En regardant autour de soi, en observant cette chaloupe, on ne peut qu’appréhender l’avenir de cette progéniture, produit d’infrastructures pédagogiques souvent en grève au cours de ces dernières années. Et si on en finissait avec cet abus du droit de grève ? Ah, on entend d’ici les cris d’orfraie, plumée vive, taxant le parent d’enfant excédé de «totalitaire», de «résidu d’une ère marxiste-léniniste» ou d’on ne sait quoi encore.
Mais, en y réfléchissant bien, ce droit de grève est-il un droit pour le parent excédé ? Non c’est un «faux» droit quand il porte atteinte aux principes généraux du vrai droit. L’endoctrinement et le conditionnement doctrinaire en oublient ce raisonnement, pourtant de bon sens. Exit le déficit de culture syndicale. La grève est une épreuve de force, une violence, c’est une cessation du travail, et, surtout, un manquement à ses obligations envers des apprenants ne demandant qu’à être enseignés, tout simplement. Et respect à tous, en attendant une scolarité apaisée…
M. N.

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