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Un an après l’élection d’Emmanuel Macron: Des milliers de protestataires en France

Des milliers de manifestants se sont réunis dans l’après-midi du samedi 5 mai place de l’Opéra à Paris pour La Fête à Macron, à l’appel du député de La France insoumise François Ruffin. Ils ont dénoncé le «coup d’État social» réalisé par «le Président des riches».

Scandant «Résistance» en écho à Jean-Luc Mélenchon présent à ce rassemblement, les participants brandissent des pancartes sur lesquelles sont inscrits les slogans «Stop Macron», «Non au coup d’État social», ««Pour sortir des traités européens», «A bas le Président des riches» et «La seule crainte, notre unité». «On est là, on est la France insoumise!». Le Parti communiste français, PCF, s’est aussi joint au mouvement. «Ce qui est dramatique, c’est la situation sociale», a déclaré sur TF1 le président des Insoumis Jean-Luc Mélenchon. «Le sujet, c’est les cadeaux sans fin qui sont faits aux riches et la difficulté de vivre du peuple français». Des rassemblements similaires sont également organisés dans d’autres villes comme Bordeaux, Lyon et Toulouse, écrit un média russe. Comme l’a appris l’AFP de la police, la capitale s’attendait à une forte mobilisation. Quelque 2.000 policiers et gendarmes devraient assurer la sécurité de cette «manifestation pot-au-feu», ont précédemment indiqué des médias. Trois manifestants ayant sur eux des armes artisanales ont été interpellés, a annoncé la chaîne BFMTV. La France insoumise annonce le chiffre de 160 000 manifestants. «On est là, on est la France insoumise !», les slogans fusent dans le cortège. Certains manifestants tentent l’humour et quelques parallèles. Ici, Emmanuel Macron est comparé au roi Louis XVI. Le Parti communiste français, PCF, était présent dans le cortège. Emmanuel Macron élu il y a un an se rend au salon de l’agriculture. Sifflé, il décide d’aller directement au contact des paysans en colère. Le président Emmanuel Macron rend hommage au colonel Arnaud Beltrame dans la cour des Invalides. Dans son discours, il évoque des «imams de haine et de mort». Un véritable tournant dans sa façon de parler de ces sujets.

Le président français en Nouvelle-Calédonie

Emmanuel Macron a délivré hier au Théâtre de l’île de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, un discours résolument tourné vers l’avenir du territoire et de la France dans la région indo-pacifique. «Je crois à l’axe indo-pacifique, à cette ambition géopolitique», a déclaré le chef de l’Etat, qui avait déjà développé ce thème au cours de sa précédente étape en Australie. «Nous avons un rôle à jouer. Cette stratégie est essentielle si nous ne voulons pas que cette région tombe sous une nouvelle hégémonie». Référence explicite aux ambitions chinoises dans cette région. Il a ainsi longuement développé les atouts de la Nouvelle-Calédonie, ses perspectives de développement en matière d’économie, de souveraineté alimentaire et énergétique, de tourisme, de «croissance bleue», tout en mettant en parallèle, systématiquement, ce que pouvaient être l’apport et l’investissement de la France pour accompagner ces projets. «Nous investirons, nous protégerons, la France s’engagera pleinement dans cette stratégie indo-pacifique, a insisté le président de la République. Je veux que nous construisions ensemble cet avenir». Alors, bien sûr, M. Macron n’a pas pris expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre lors duquel les Calédoniens devront se prononcer sur l’accession à la pleine souveraineté, écrit Le Monde. «Je ne prendrai pas partie dans ce référendum qui vient, a assuré le chef de l’Etat. Non pour me soustraire à mes responsabilités, mais précisément parce que cela tient à mes responsabilités». Tout son discours, cependant, plaidait pour le maintien d’une étroite relation entre la France et la Nouvelle-Calédonie. Ces propos, cependant, n’ont en rien heurté les dirigeants indépendantistes présents dans la salle. Bien au contraire. Paul Neaoutyine, le président indépendantiste de la province Nord, figure du Palika, une des composantes du FLNKS, «se félicite de son intervention». M. Macron, lorsqu’il s’était déplacé dans la province Nord vendredi, s’était longuement entretenu avec son président. Des échanges qui, visiblement, n’auront pas été vains. «Nous nous inscrivons totalement dans l’esprit de ce qu’il a dit, déclare au Monde le président de la province Nord. Cela ne me choque pas que le président de la République éclaire nos amis sur l’avenir». Roch Wamytan, président du groupe de l’Union calédonienne, la principale composante du FLNKS au Congrès du territoire, n’est pas moins élogieux. «C’était un discours, vraiment, de haute tenue, s’enthousiasme le chef de la tribu de Saint-Louis, un des principaux nœuds de tension dans la banlieue de Nouméa. Il a vraiment donné une dimension géostratégique qui nous convient parfaitement, qu’on soit indépendantiste ou non. Ça change avec tous les chefs d’Etat précédents». Est-ce que ce discours aura la même résonance dans les rangs des militants indépendantistes ? Cela reste à vérifier. Du côté des non-indépendantistes, ou du moins de Calédonie ensemble, la formation la plus ouverte au dialogue avec les indépendantistes, l’appréciation était tout aussi enthousiaste. «Il a réalisé une prestation sans faute. Je lui accorde dix sur dix», se réjouit Nicolas Metzdorf, le jeune et prometteur ministre de l’énergie et de l’agriculture du gouvernement du territoire. Le discours de M. Macron, au terme d’une visite où il aura incontestablement apposé sa marque, lui qui n’était jamais venu sur le territoire, a été très favorablement accueilli. A l’issue de son intervention, il a par ailleurs pris le temps de s’entretenir avec chacun, de ménager les uns et les autres. Mais les tensions qu’engendre le référendum à venir ou, tout simplement, les discriminations et les inégalités de la vie quotidienne, restent d’une tenace réalité.

Mounir Abi

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