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Une enquête de l’UNOP conclut que 88% de la population consomment des produits non remboursables: Les médicaments ruinent le budget des Algériens

La facture des médicaments coûte très cher aux Algériens. La couverture sociale semble inefficace devant le nombre important de médicaments exclus de remboursement et le slogan de la «la santé gratuite» est vite remis en cause.

Au moins 88% de la population déclare avoir acheté des médicaments non remboursables durant l’année 2017, selon une étude détaillée réalisée par l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) et dont les résultats ont été rendus publics, hier, au cours d’une conférence organisée à l’hôtel El Aurassi d’Alger.
Confiée à un professionnel de réputation internationale, en l’occurrence la société IMMAR Research & Consultancy, spécialisée en matière de réalisation d’enquêtes téléphoniques et études de marchés, cette large étude, sous forme d’enquête par sondage, a porté sur 2603 interviewés. 23 wilayas touchant 5 régions sanitaires, ont été sondées entre le 15 février et le 4 mars 2018. Il s’avère après une multitude questions, «88% de la population assurée achètent des médicaments non remboursables». Un constat qui touche toutes les tranches d’âge notamment (18-29 ans) avec 82% alors que les personnes âgées entre 30 et 39 ans, une catégorie sensée être en activité et largement assurée, sont concernées à 93%. Pour les algériens âgés de 60 ans et plus, ils sont 87% à acheter des médicaments non remboursables. Les chiffres sont d’autant plus effarants que la conjoncture actuelle de crise économique et la dévaluation du dinar pèsent lourdement sur le budget des ménages. Se basant sur les statistiques de l’ONS en termes de population et de sa répartition, l’enquête révèle que seuls 31% des personnes déclarées peuvent couvrir la facture de leurs médicaments avec leur assurance. Quant aux non assurés, ils sont «97% à se procurer leurs médicaments par leurs propres moyens», a-t-on conclut suite à cette étude.
Ces résultats et d’autres sur «les habitudes de consommation des médicaments en Algérie», thème de l’enquête, «devraient interpeller les pouvoirs publics à réagir et prendre des mesures pour y remédier», estiment des spécialistes, dont Mustapha Zebdi, président de l’APOC.

Préférence

Durant les 12 mois de l’année dernière, 83% des Algériens ont consommé des médicaments. Les médicaments fabriqués localement sont les plus consommés, puisque 80% de la population déclare faire confiance aux médicaments fabriqués en Algérie. Sur ce, «la préférence nationale et l’efficacité sont les raisons de confiance les plus citées», indique-t-on dans l’enquête, alors que «l’inefficacité» est la raison de non confiance la plus dominante. Abdelouahed Kerrar, président de l’UNOP estime «encourageants» ces résultats, ajoutant que «le défi est, désormais, de convaincre les 20% restant de consommer des médicaments fabriqués localement». Côté prix, 73% de la population trouvent que les prix des médicaments locaux sont moins chers par rapport aux médicaments importés. S’agissant des habitudes de consommation, il se trouve que la satisfaction en matière de prise en charge est de 89% dans le secteur privé et de 81% dans le public. Le recours à l’automédication a été confirmé par 52% de la population. Mais, lorsque le patient est appelé à choisir, les médicaments souhaités consommés sont des princeps pour 42% de la population et des génériques pour 8%.
L’étude révèle que 44% des Algériens n’acceptent pas de substituer leur médicament habituel en cas de rupture, 28% consomment des compléments alimentaires. Les pratiques alternatives ont aussi leur place, puisque 42% de la population y recours. 59% font appel à la roqia, 40% à la hijama et 22% à des herboristes.

Indisponibilité

Pour ce qui est de la disponibilité, un problème qui revient avec insistance, l’enquête de l’UNOP prouve que 37% de la population éprouve des difficultés lors de l’acquisition des médicaments chez le pharmacien. «40% de la population ont déclaré retourner chez leur médecin en cas d’absence des médicaments prescrits en pharmacie», lit-on dans le document. Même lorsque le médicament existe, 42% des personnes interviewées déclarent avoir fait trois pharmacies et plus pour le trouver, sachant que «ce taux est plus élevé en milieu rural». Pour endiguer ce problème de rupture de médicaments, le président de l’UNOP dit avoir «transmis des recommandations portant notamment sur l’encouragement de l’industrie pharmaceutique à qui de droit, mais sans réponse jusqu’à présent». De son côté, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP), Lotfi Benbahmed, a plaidé pour l’application de la réglementation en vigueur d’abord. ” Lorsque la quantité stockée chez un opérateur est inférieur aux besoins de 3 mois, elle doit être immédiatement signalée au ministère de la Santé qui, de son côté doit prendre les dispositions en urgence», a-t-il expliqué.

Aïssa Moussi

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