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Université Mouloud-Mammeri (Tizi Ouzou): Cap sur la technologie et l’innovation

L’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou dispose désormais de son Centre d’appui à la technologie et à l’innovation (CATI) à la faveur de la signature d’une convention avec l’Institut national algérien de la propriété industrielle (INAPI).

La convention a été signée avant-hier mardi par le directeur général de l’INAPI, Abdelhafid Belmahdi, et le recteur de l’Université de Tizi Ouzou, le Pr Ahmed Tessa, lors d’une cérémonie qui a eu lieu à l’auditorium de Hasnaoua. C’est le 44e centre du genre à l’échelle nationale, selon le directeur général de l’INAPI, Abdelhafid Belmehdi, qui a déclaré que son institut aura à travers ce CATI la mission d’accompagner les chercheurs de l’université de Tizi Ouzou et d’assurer une formation aux porteurs de projets en matière de recherche et dans la rédaction de leurs brevets d’inventions. «Ce CATI va surtout permettre aux entreprises de mieux exploiter toutes les recherches et toutes les inventions qui se trouvent au niveau de l’université», ajoute-t-il à l’issue d’une conférence dédiée à la présentation de son institut et de son rôle dans la préservation de la propriété industrielle et de toute sorte d’innovations dans le domaine de la recherche scientifique. Tout en révélant à l’assistance que 90 % des inventions de nos jours sont en réalité des innovations, le DG de l’INAPI a indiqué que la mission de ces centres d’appui à la technologie et à l’innovation, est aussi d’encourager la politique de promotion de la compétitivité des entreprises du secteur industriel et stimuler l’innovation et le transfert technologique ainsi que l’émergence et le développement d’un marché de la connaissance, considéré comme le levier de la créativité entre le monde de la recherche et le secteur économique. Pour sa part, le recteur de l’UMMTO, le Pr Ahmed Tessa, tout en se félicitant de la création de ce Centre d’appui à la technologie et à l’innovation au sein de son université qui aura, selon lui, un rôle important dans l’accompagnement des chercheurs et des étudiants dans leurs travaux, notamment en matière d’innovation, surtout que «l’UMMTO dispose de compétences inouïes en matière de recherche» n’a pas pour autant omis de signaler le grand retard qu’accuse l’université de Tizi Ouzou, dans le domaine du partenariat avec le monde économique. C’est dans le but de rattraper ce retard que le recteur a mis l’accent sur la nouvelle stratégie de l’UMMTO en matière de partenariat avec le monde professionnel et économique, en citant les différentes conventions signées avec le FCE, l’entreprise Cevital, l’ANSEJ, la CNAC et les différentes directions de la wilaya de Tizi Ouzou.

Valoriser des résultats de la recherche

«Notre université a un riche passé en matière de rayonnement culturel, politique et associatif, et je dirais même que c’est une excellente chose sauf qu’aujourd’hui, il est temps de passer au cap du rayonnement scientifique et de la recherche surtout que nous disposons d’énormes capacités à tous les niveaux. Il faut donc savoir exploiter nos capacités en matière de recherche, et c’est dans ce sens que la création de ce CATI va permettre à nos chercheurs de stimuler leurs aptitudes en matière d’innovation et participer ainsi au développement économique du pays», affirme le recteur qui a profité de l’occasion pour mettre en exergue les capacités humaines et surtout matérielles dont dispose son université s’agissant de la recherche. «Notre université dispose de chercheurs et d’étudiants compétents dans tous les domaines, et je dirais qu’avec ses 30 laboratoires actifs, notre université a les capacités et les moyens pour relever le défi. Pour cela, il faudra se mettre au travail et surtout nouer des relations avec le monde extérieur, notamment les professionnels et les entrepreneurs, car l’un des rôles de l’université est celui de s’ouvrir sur le monde économique et c’est à nous d’aller vers ces entreprises et autres institutions, dans le but de fructifier nos travaux de rechercher et participer au développement de notre économie», ajoute le recteur. Il faut dire que la création de ce Centre d’appui à la technologie et à l’innovation (CATI) a été bien accueillie par les étudiants et surtout les chercheurs de l’université de Tizi Ouzou, présents en grand nombre dans la salle de l’auditorium, d’autant plus qu’une autre convention a été signée le jour même par la direction de l’UMMTO avec l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique (ANVREDET). Cette dernière, qui est sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, est un établissement public à caractère industriel et commercial. Il a pour mission la mise en œuvre de la stratégie nationale de la valorisation de la recherche et du développement technologique. Selon la directrice générale de l’ANVREDET, la Pr Djamila Halliche, qui avait tenu à insister sur le rôle complémentaire entre son agence, l’université et l’INAPI dans le domaine de la recherche et de l’innovation scientifique, a indiqué lors d’une conférence sur le thème «Diffusion et protection de la connaissance» que l’Algérie, qui dispose pourtant d’un potentiel scientifique et créatif non négligeable avec notamment 38 centres et unités de recherches, 1400 laboratoires, 27 000 chercheurs dont 2100 chercheurs permanents et 3000 autres au niveau des entreprises, se trouve aujourd’hui dans le bas du classement en matière de recherche avec une peu reluisante 124e place sur les 128 pays classés au monde. Selon l’oratrice, l’absence d’une politique appropriée pour la valorisation de la recherche et le transfert technologique vers la sphère socio-économique peut être considérée comme le véritable aléa qui freine considérablement l’impact de ces activités scientifiques. L’absence de textes de lois exécutifs permettant un statut de chercheur-entrepreneur, la non-inclusion de l’entrepreneuriat dans le processus de la formation et la méconnaissance ou l’absence de la culture de la propriété intellectuelle, c’est-à-dire le dépôt de brevet d’innovation chez de nombreux chercheurs, font que notre pays n’arrive pas encore à s’arrimer aux standards internationaux en matière de la recherche scientifique, explique l’oratrice, qui a surtout insisté sur l’apport de la diaspora algérienne dans le domaine, en révélant que l’Algérie dispose de 539 inventeurs à travers 23 pays au monde.

Ali Chebli

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