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Vacance du poste de Gouverneur de la Banque d’Algérie.. Le système financier risque la paralysie

La vacance de ce poste stratégique risque d’avoir des effets très négatifs sur l’économie nationale, particulièrement sur le monde de la finance.

Le poste de Gouverneur de la Banque d’Algérie est resté vacant depuis la nomination de son directeur général, Mohamed Loukal, comme ministre des finances. Cette nomination a été notifiée dans le Journal Officiel n°20, en date du 31 mars 2019. La vacance de ce poste stratégique risque d’avoir des effets très négatifs sur l’économie nationale, particulièrement sur le monde de la finance. Cela, d’autant plus que les nominations à ce poste sont du ressort exclusif du Président de la République. Dans la situation actuelle que traverse notre pays, la nomination d’un nouveau Gouverneur de la Banque d’Algérie risque de prendre du temps. Quelles conséquences sur le fonctionnement de l’institution névralgique comme la Banque Centrale, et quels peuvent être les effets sur l’économie nationale dans le cas d’une absence prolongée d’un Gouverneur, en remplacement de Loukal ? Contacté par Le Temps d’Algérie, Brahim Guendouzi, professeur en Economie, suggère que dans la situation actuelle, «il faut revenir à la loi sur la monnaie et le crédit (LMC) qui définit les missions de la Banque d’Algérie, les prérogatives de son Gouverneur ainsi que le rôle du Conseil de la Monnaie et du Crédit (CMC) en tant qu’autorité monétaire.
Seul le Président de la République peut nommer et mettre fin aux fonctions du Gouverneur de la Banque d’Algérie qui est faut-il le rappeler l’Institut d’émission (banque des banques). Or la situation qui prévaut actuellement dans le pays laisse présager que l’institution risque de rester sans Gouverneur jusqu’à l’élection d’un nouveau Président de la République, qui pourrait prendre plus de temps». Le même export ajoute que «Les actions habituellement menées par la Banque d’Algérie en matière de politique monétaire et de politique de change risquent d’être gelées en l’absence du Gouverneur qui préside le CMC, alors que les Vice Gouverneurs s’occuperont juste des affaires courantes de l’institution.
Il peut y avoir des répercussions négatives sur l’activité des établissements bancaires et financiers qui rendent compte régulièrement à l’autorité monétaire, mais aussi reçoivent des orientations à travers les instruments comme les réserves obligatoires, les taux d’intérêt, le taux de change, les opérations de commerce extérieur, les paiements extérieurs, etc. En définitive, c’est tout le système financier algérien qui risque la paralysie, dans le cas où il y aurait problème dans la durée de la nomination d’un nouveau Gouverneur de la Banque d’Algérie», déclare Brahim Guendouzi. De son coté, un autre expert, observateur de la scène économique nationale, déclare que «cette vacance actuelle à la tête de la BA n’est pas réellement risquée à court terme, les directeurs assurant la continuité de l’activité. Cependant, le processus actuel de création monétaire (planche à billets) demande à être encadré, et à ce titre, la désignation rapide d’un gouverneur serait une bonne nouvelle», dit-il. A rappeler que Mohamed Loukal a été nommé Gouverneur de la Banque d’Algérie en 2016, en remplacement à Mohamed Laksaci.
Arezki Ibersiene

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