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VIH-SIDA en Algérie: Entre chiffres et réalité…

Le renforcement du dépistage du VIH SIDA au sein des populations plus exposées à la contamination, et la consolidation de la prévention et la protection, restent les meilleurs moyens pour éviter cette maladie contagieuse, ont plaidé des spécialistes, à la veille de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le sida.

Le président de l’Association nationale de Protection contre le SIDA (APCS), Pr Abdelaziz Tadjeddine, a affirmé qu’«il est nécessaire de conduire les ” populations-clés”» vers le dépistage du VIH SIDA, à travers «la sensibilisation et la communication, car ce sont les personnes chez lesquelles se concentre généralement l’épidémie», précisant qu’«il s’agit des personnes pratiquant un “vagabondage sexuel”», ou «celles se droguant par voie intraveineuse notamment». Il ajoute que «l’enjeu du dépistage est d’autant plus important que l’estimation du nombre des personnes porteuses du VIH SIDA en Algérie, dépasse de loin, les 12.000 cas officiellement déclarés». Pour ce qui est du traitement de la maladie, Pr Tadjeddine ajoute que «l’Etat prend en charge le traitement qui est très efficace, dans la mesure où il s’agit des molécules mères. Cependant, il peut mieux faire en terme de prévention notamment». Sur un autre plan, le spécialiste pointe du doigt les pressions d’ordre culturel et social entourant cette maladie, et qui constituent un frein aux efforts engagés pour lutter contre sa propagation, à l’instar du reste des pays arabes. «Le seul moyen de lutter contre cette pathologie est la prévention, à travers une sensibilisation contre les comportements à risques», argumente-t-il. Abordant le champ d’intervention de son association pour contribuer à lutter contre le SIDA, M. Tadjeddine cite, entre autres, la mise en place de centres de dépistage volontaire (CDV) fixes et mobiles à Alger, Oran, Mascara, et Béchar (depuis août dernier pour ce dernier), alors que la wilaya de Ghardaïa en sera également dotée dès début 2019. Le même spécialiste évoque, par ailleurs, l’action ayant permis à une quinzaine de couples séropositifs de s’unir, depuis début 2018, faisant observer que grâce aux progrès scientifiques donnant lieu à un traitement efficace, le SIDA est devenu une maladie banale, si bien que les bébés issus de parents atteints du virus peuvent, désormais, en être épargnés.
Dans un autre contexte lié aux statistiques, les derniers chiffres sont inquiétants. L’Algérie a enregistré plus de 12.000 cas de VIH-SIDA depuis l’apparition de la maladie dans le pays en 1985 jusqu’au 30 septembre 2018, avec une moyenne de 700 à 800 cas annuellement. C’est ce qu’a précisé, vendredi à Alger, la sous-directrice des maladies prévalantes et de l’alerte sanitaire au ministère de la Santé, Dr Samia Hammadi. Elle a ajouté que «1.880 personnes sur les 12.083 concernaient des cas de SIDA (les autres sont séropositives)», expliquant que «ce chiffre (1.880) représente des personnes qui se sont faites dépister tardivement». Concernant l’année précédente, le Laboratoire national de référence du VIH/Sida (LNRV) de l’Institut Pasteur-Algérie a enregistré 723 nouveaux cas de sida, durant la période allant du 1er janvier au 30 septembre 2017 au niveau national.
Les chiffres qui inquiètent sont ceux enregistrés dans le sud du pays, où l’immigration clandestine des subsahariens représente la cause essentielle de la maladie. «Sur les 6.500 dépistages effectués depuis le début de l’année en cours, nous avons recensé 56 nouveaux cas d’atteinte au VIH SIDA, dont deux hospitalisations actuelles, alors qu’en 2017, il y a eu 82 nouveaux cas», a expliqué à la presse, jeudi, le directeur du 3e Centre de référence de lutte contre le Sida, après ceux d’Alger et d’Oran, Dr Elias Akhamouk.
Il explique aussi que «si l’on exclut les perdus de vue et les décédés, les personnes suivies hors hospitalisation qu’on appelle (file active) ont été au nombre de 350, depuis début 2018». Il tient à relever l’impact de la présence de la population subsaharienne, quant au nombre élevé des cas de séropositifs. «La proportion des patients en provenance des pays subsahariens est importante. Le problème de nationalité qui se pose, dans le sens où certains étrangers affirment être des Algériens» alors qu’ils ne le sont peut-être pas» et qu’en l’absence de leurs pièces d’identités, il est difficile de vérifier cela» explique le Dr Akhamouk. Il ajoute que «le centre de Tamanrasset a pris en charge des malades issus de 13 nationalités, et il assure le suivi de patients en provenance d’Illizi et d’Adrar».

Smail Mimouni

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