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village ath allaoua.. La fête de la cerise n’aura pas lieu

C’est le comité d’organisation qui vient d’annoncer donc, au grand dam des amoureux de ce fruit et des fêtes locales qui honorent les produits du terroir, des commerçants, des agriculteurs etc., l’annulation de cette fête pour diverses raisons.

La récolte de la cerise, même si aucun chiffre n’a été communiqué officiellement à ce propos, a nettement baissé cette année dans la wilaya de Tizi-Ouzou, pour ne pas dire insignifiante. Et pour cause, la preuve nous vient de l’annulation de la traditionnelle fête de la cerise qu’organise en cette période de l’année le village Ath Allaoua, dans la commune d’Iboudrarène, au sud-est de Tizi Ouzou. C’est le comité d’organisation qui vient d’annoncer donc, au grand dam des amoureux de ce fruit et des fêtes locales qui honorent les produits du terroir, des commerçants, des agriculteurs etc., l’annulation de cette fête pour diverses raisons. Les organisateurs imputent la faible production aux fortes averses (pluie, grêles) et aux rafales de vent qu’a connu la région. On cite aussi parmi les causes principales de cette baisse de production des cerisaies, le Capnode, cet insecte ravageur qui est en train de réduire la production d’une année à l’autre. En termes de productivité des cerisiers, les spécialistes du domaine agricole ont qualifié à l’unanimité la saison en cours de «catastrophique».
Cette situation est induite par les mauvaises conditions climatiques qui ont favorisé la multiplication de champignons et de bactéries sur les arbres fruitiers. Et comme pour boucler la boucle, les organisateurs de la fête d’Ath Alloua ont aussi indiqué que le singe magot qui descend des hautes montagnes a causé sa part de ravage à la récolte. Ce primate investit les vergers à la recherche de nourriture et peut causer, en l’espace de quelques minutes seulement, d’importants dégâts. Le manque d’entretien des vergers et l’absence de transaction foncière, sont deux autres facteurs qui viennent se greffer à une longue liste. C’est pourquoi les spécialistes insistent sur l’entretien des cerisaies pour sauvegarder la production de ce fruit tout comme ils insistent aussi sur la nécessité de mettre en place un itinéraire technique et les opérations culturelles pour le développement de la culture des cerisaies dans la région.
Il s’agit aussi de se professionnaliser dans le traitement des arbres et se mettre à jour sur l’usage des traitements pour lutter contre les maladies qui affectent les arbres et qui se répercutent sur le rendement de certaines cultures agricoles vulnérables. Cette année donc, la région a connu une chute significative de la production. Cette dernière est en constant déclin ces dernières années. A titre illustratif, sur un rendement de 30 quintaux à l’hectare enregistré en 2017, il est descendu à 5 ou 6 quintaux l’année dernière alors qu’en 2016, il était de 15 qx à l’hectare. Cette faible production se répercute sur le prix de la cerise qui devient inaccessible pour les ménages de la wilaya, puisqu’elle est cédée à 1.000 DA.
Des pertes monumentales
Considérée comme une région à vocation arboricole par excellence, la wilaya de Tizi-Ouzou, doit fructifier sa production, car, au rythme où vont les choses et eu égard aux dégâts et ravages occasionnés chaque année, la région de Tizi-Ouzou qui abritait environs 42% du verger national, selon les statistiques, risque de voir sa superficie se rétrécir davantage dans les années à venir si des mesures ne sont pas prises. En trente ans, la superficie totale des cerisaies a chuté à 1.070 ha représentant 21% de cerisaie nationale ! C’est dire que les pertes sont monumentales malgré toutes les tentatives faites en vue de régénérer de nombreuses plantations. Aux pertes générées par cette maladie, se greffe le peu d’intérêt accordé à l’agriculture. En effet, rares sont ceux qui s’aventurent encore à travailler la terre. Nombreux sont les propriétaires qui ont carrément abandonné leurs arbres et ce n’est pas de cette façon que l’on va développer la culture de la cerise dont la production ne cesse de baisser d’année en année. Brahim B.

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