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VIOLENCE DANS LES STADES: 2019, une année sous tension

Décidément, les rencontres de football se suivent et se ressemblent en Algérie, mais avec de plus en plus d’actes d’incivilité du public.

A peine commencée, l’année 2019 a déjà apporté son lot de violence dans les stades algériens. Les graves incidents qui se sont produits mardi à Jijel, laissent craindre une recrudescence de ce fléau, qui continue de gangréner nos enceintes sportives.
Décidément, les rencontres de football se suivent et se ressemblent en Algérie, mais avec de plus en plus d’actes d’incivilité du public. Les instances responsables du sport roi du pays, ont eu beau avoir recours au huis clos pour combattre le phénomène de la violence dans les stades, mais une telle mesure aussi drastique soit-elle, a montré ses limites avec le temps, tout comme les dispositifs mis en place par les pouvoirs publics.
La preuve, le bilan humain et matériel des incidents signalés chaque week-end dans nos stades, ne cesse de grimper en flèche, de manière exponentielle. Selon la cellule de communication des services de la protection civile, ils sont 62 personnes, dont 45 policiers, à avoir été blessées mardi à Jijel, à l’occasion du match CR Village Moussa-MC Alger, comptant pour les seizièmes de finale de la Coupe d’Algérie. La veille, des échauffourées ont éclaté à Lakhdaria, entre supporters de la formation locale et ceux du CS Constantine, et ont provoqué les blessures d’une quarantaine de personnes, dont une dizaine de policiers qui s’étaient interposés. Devant l’absence d’une véritable politique de lutte contre ce fléau, on assistera malheureusement, à d’autres scènes de violences dans les semaines à venir, surtout à l’approche des rencontres à enjeux. S’il y a eu autant de dégâts pour deux rencontres de seizièmes de finale de Coupe d’Algérie, opposant deux sociétaires de la division nationale amateur à ceux de l’élite, alors qu’en sera-t-il lorsqu’on atteindra les tours avancés de l’épreuve populaire, sans oublier la dernière ligne droite du championnat, avec sa course au titre ou l’accession, et sa lutte pour le maintien ? Mais il n’est jamais pas trop tard pour bien faire. Si l’Etat algérien veut lutter efficacement contre la violence dans les stades, certaines mesures, qu’il a tendance à mettre au placard, doivent vite voir le jour, à l’image du fichier national de personnes interdites d’accès aux stades. Ce modèle, qui s’est avéré très efficace pour venir à bout du hooliganisme en Angleterre durant les années 90, nécessite néanmoins, l’implication de la justice, qui doit recenser les noms de supporters ultras, réputés pour semer la pagaille dans les stades. Pourtant la DGSN a reconnu récemment, l’existence d’une loi dans ce sens (loi n° 3.05), qui prévoit la mise en place d’un fichier national de personnes interdites d’accès aux stades, sauf que son application attend à ce jour d’être fixée par voie réglementaire. Face au regain de violence que connaissent nos stades, il serait bien temps que la machine juridique se mette en branle, pour venir à bout, une fois pour toutes, du hooliganisme en Algérie. Sinon, il y a risque que le phénomène n’empire à des seuils beaucoup plus dangereux pour la société.

Ouassel Mounir

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