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Vivement le «f’tour»…

Dénommé le «marchand de sable» par ses détracteurs, le président par intérim est donc passé au JT de 20 heures, dimanche soir, juste avant la levée du doute sur le début du Ramadhan. Sous une forme solennelle, on a eu droit à de multiples recommandations, pour rester conscients. On verra bien, si dans les prochains jours, les citoyens se seront rendormis, ou si bien au contraire, la protesta qu’ils mènent avec détermination persistera. Toutefois, c’est une sorte de quadrature du cercle qui s’invite, avec une élection présidentielle maintenue à la date initiale, le 4 juillet prochain. L’équation mathématique ou géométrique, nécessite des règles et des compas, que n’ont pas les délais convenus pour arriver à sortir des eaux troubles. Et, c’est se cacher derrière le petit doigt, que de lancer un appel à tous «les acteurs nationaux, à l’ensemble des composantes de la classe politique, aux mouvances qui structurent la société civile, et à tous ceux qui sont considérés comme exprimant les sentiments d’une frange de la société ou de ses élites, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, de se mobiliser pour la réalisation de cet objectif stratégique national». Tout ce beau monde sera difficile à convaincre en si peu de temps. Il lui faut, d’abord, ingurgiter les récents évènements politico-judiciaires qui font l’actualité du moment, et ce sans indigestion. Quant au petit peuple, celui qui sera censé aller voter le 4 juillet, il se plie en quatre pour sortir indemne de ce Ramadhan. Ses prix de référence élaborés afin d’informer et d’orienter le consommateur, sont d’ores et déjà nargués par la spéculation qui, elle, n’a aucune élection en vue. D’ailleurs, cette spéculation maladive ne connaîtra pas non plus de démission, comme celle vécue le 2 avril dernier. Elle a la peau dure, plus dure qu’une élection offrant rarement un perdreau de l’année. Pourtant, on dit que «l’Algérie est un pays de jeunes». C’est même devenu une expression destinée à faire avaler la pilule, démago et vieillie, de l’éternel ressourcement aux valeurs patriotiques. En fait, on est en plein dans la sociologie tiers-mondiste, dans le mauvais roman écrit par des vieux. Même une philosophie de comptoir, ou de mosquée (…), s’en rendrait compte. Les jeunes quittent le pays, via une «harga» qui reprend, pour un Eden improbable ; quant aux vieux, ils attendent le tirage au sort annuel, pour aller se ‘laver’ les os à la Mecque. Ainsi, dans «le pays de la jeunesse», tout le monde veut partir, au lieu de se laisser mourir d’ennui ou de fin de vie. C’est désolant d’écrire ça, mais la spéculation sur les marchés et une élection présidentielle jugée spéculative résonnent sur le même tempo : celui de recruter un maximum de gogos.
Ces naïfs, ces crédules, surtout en politique, oublient qu’on est devant de profonds bouleversements de vie socio-économique. Nous vivons un mois que l’on dit sacré, où les citoyens sont stressés, mécontents, prêts à vous exploser au visage, pour un oui ou un non. Tels des automates, sans aucune confiance ni en eux-mêmes, ni en les autres, ils ont rarement le sourire aux lèvres. C’est plutôt le froncement de sourcil qui accompagne le gril, en cuisine ou ailleurs.
Et, contre toute logique, ça parle de cuisine politique, alors que plus personne n’a l’esprit à ça…
Vivement le «f’tour» qu’on vous souhaite serein, et le plus agréable possible.
M. N.

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