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Week-ends à rallonge…

Le week-end, c’est le plus précieux des acquis. Et, quand il s’autorise des prolongations, des «ponts» comme c’est le cas cette semaine, il devient tabouret aux allures de chaise longue ! C’est qu’entre virées au «bled» et programmes sans obligation, les grandes agglomérations se vident. S’en réjouir ? Oui bien sûr, sauf qu’il y a un hic dans ces bordures de jours fériés, estampillés Aïd El Kébir. Deux jours durant lesquels des commerces seront réquisitionnés, des administrations tenues au service minimum, des hôpitaux sur le qui-vive, etc., etc.… Et tout autour, avant et après, tout est en points de suspension sur ces «ponts» suspendus sur du payé, mais chômés sans l’être vraiment. Des moments entre parenthèses, volés pour se la couler douce, dans une vie qui ne fait que courir,… Il y aura, certes, la journée de l’Aïd, avec son lot de réjouissances familiales et son rituel immuable. Mais ensuite, quoi de réjouissant ? Rester au lit, se dissoudre sous un drap pour trouver l’alternative au vide ? Chacun pensera ces délices comme il l’entend, mais la panse dominera entre «chekhchouchas, chouwas et dolmas». Ceci doit rester dans le secret de cet espace clos. Ces week-ends à rallonge donneront lieu à la délectation, ou non, à des ponts suspendus sur le vide. La télé fera, peut-être, l’affaire de la coupure de ponts, mais elle apportera sûrement son lot d’infos inutiles et d’intrusions hostiles, qu’il convient de repousser fermement pour se la couler douce. La lecture et les gourmandises de l’Aïd feront mieux l’affaire,…
Couper les ponts, larguer les amarres sans quitter le port intime, c’est accepter d’être dans une bulle que nulle agression extérieure ne devrait perturber. Une escale dans la plus grande confidentialité où l’on est dans l’oisiveté la plus totale. Se laisser aller à ne rien faire, traînasser, s’étirer, se négliger un peu, qu’importe, puisque nul ne verra la tanière. Des heures sans horloge, des minutes sans contraintes, des secondes sans tic-tac, c’est le lot du déconnecté les week-ends à rallonge ! L’ordinaire des magasins ouverts, des administrations au travail, ce sera après que la carcasse du mouton ait affiché «tilt»,… La rallonge aura permis de s’empiffrer bien sûr, de flâner, de bailler, de s’ennuyer, sans que personne ne vienne juger ou imposer quelques conventions d’une existence sous contrôle. Elle aura permis, sans titres de congé, toutes les libertés, tous les écarts, toutes les dérives, bien qu’il convienne de les vivre avec modération. Et, contrairement aux journées réellement fériées, la rallonge flotte dans une suspension aqueuse, faite pour des poissons tournant dans un bocal, sans se poser la moindre question. Pourtant, il y’a des questions à poser ! Les absences non autorisées, les silences complices, les services publics en déliquescence, qui les aura supportés pendant l’octroi dissimulé de ces «ponts» suspendus sur du vide? La réponse à ces questions dérangera, sûrement, les sempiternels planqués derrière l’excuse «bidon» et la ruse «brouillon»,…
Il ne s’agit pas là de faire de la morale à deux sous ou de jouer aux rabat-joies en période de fête, mais il est des fonctions, essentielles à la vie courante, qui ne devraient subir aucune dérogation. Et le plus drôle dans tout ça, c’est que les «j’avoue» se comptent à la pelle. Des aveux qui se targuent d’un «Allah ghaleb» dédouanant et désarmant. De guerre lasse, on a l’impression que l’éthique de certains métiers a pris la clé des champs, que les convictions ont rendu les armes, toute honte bue. Personne n’est coupable, personne n’est responsable, et tout le monde avoue, sans que l’on sache très bien quoi au juste, ce «droit» aux ponts suspendus, à la désertion, aux points de suspension,… Des points qui achèvent cet «Arrêt sur image» pour un «Aïd mabrouk» avant l’heure,…

M. N.

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