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Yémen, Qatar et Liban Washington se retourne contre l’Arabie saoudite

Washington ne peut pas être éternellement complice de l’Arabie saoudite dans la politique hostile menée par la monarchie des pétrodollars contre le Yémen, le Qatar et le Liban.  Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a invité l’Arabie saoudite à faire preuve davantage de mesure au Moyen-Orient, notamment face au Qatar et au Yémen.

Le secrétaire d’Etat américain s’exprimait pendant la rencontre sur le Liban tenue à Paris. «S’agissant de l’engagement de l’Arabie saoudite face au Qatar de la guerre au Yémen, de la situation au Liban, nous les encourageons à être un peu plus mesurés, un plus réfléchis dans leurs actions et à pleinement en considérer les conséquences», a noté le chef de la diplomatie américaine en marge d’une réunion sur le Liban à Paris. «Au Yémen, les américains appellent à une levée complète du blocus, humanitaire et commercial, imposé par l’Arabie saoudite», a-t-il dit. Un aveu de l’acharnement de l’Arabie saoudite contre les civils au Yémen, encouragé par le mutisme observé par Washington.
Tillerson reconnaît, donc, l’implication de l’Arabie saoudite dans la tentative de création du chaos au Liban avec la démission du premier ministre Hariri. Le premier ministre libanais a démissionné depuis l’Arabie saoudite.
Le président Michel Aoun a accusé la monarchie des pétrodollars de kidnapping de Hariri. Le Hezbollah a noté que c’est l’Arabie saoudite qui a exigé la démission de Hariri. Le premier ministre a été invité par le président Emmanuel Macron alors qu’il se trouvait en Arabie saoudite. Il est revenu à Beyrouth et est revenu sur sa démission après avoir obtenu un engagement des forces politiques libanaises, notamment du puissant mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, à se distancier des crises régionales. «Ce concept de distanciation s’adresse évidemment aussi au Hezbollah, et à l’intérieur et à l’extérieur du Liban», a renchéri le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors d’une conférence de presse.
L’Arabie saoudite reproche au Hezbollah sa participation à la lutte contre Daech, aux cotés du président El Assad. En tenant ces propos à l’encontre de la monarchie des pétrodollars, Tillerson reconnaît que l’Arabie saoudite commet des fautes au Yémen imposant le blocus contre les civils. Il dénonce la politique de l’Arabie saoudite contre le Qatar et reconnaît l’ingérence de ce royaume au Liban. L’Arabie saoudite dirige une coalition arabe accusée par des organisations non gouvernementales d’avoir perpétré des crimes de guerre contre le Yémen. L’ONU a noté que des milliers de civils du Yémen ont été tués par la coalition arabe. Washington qui a obtenu un contrat de 460 milliards de dollars d’armes conclu avec l’Arabie saoudite ne se gène pas à imposer un échec à la politique hostile menée par ce royaume. Washington a également accordé peu de respect à l’Arabie saoudite pour ce qui est d’El Qods. Le quotidien américain Financial Times a publié un article au sujet de la récente décision du président américain de reconnaître Qods en tant que capitale d’Israël, indiquant que cela détruisait la diplomatie. Cette décision constitue un nouvel échec pour le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et sa politique étrangère. Non seulement elle porte atteinte au processus de paix au Moyen-Orient, mais en plus elle discrédite Donald Trump en personne et ses alliés arabes. Cette décision a, en quelque sorte, mobilisé un large groupe de pays et d’hommes d’État.

Mounir Abi

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