Home / L'edito / Yennayer Ameggaz I Tmazight

Yennayer Ameggaz I Tmazight

Dites-le en Tamazight et soyez-en fiers : Assegwas Ameggaz ! Oui, le 12 janvier prochain, nous n’irons pas travailler. Nous fêterons plutôt dans l’allégresse et le ressourcement, notre Nouvel An Amazigh qui remonte à des temps immémoriaux.
La décision du président de la République de décréter, Yennayer, fête nationale et journée chômée et payée, est assurément une très bonne nouvelle. Un superbe cadeau de fin d’année qui signe l’acte de décès de l’ostracisme culturel et du déni identitaire qui frappe notre dimension Amazigh depuis l’indépendance de notre pays.
Pour l’histoire, c’est une journée à marquer d’une pierre blanche. Elle immortalise la réconciliation officielle de l’Algérie avec ses racines Amazigh. Il y’ aura toujours ceux qui feront la fine bouche, mais il faut avoir le sens de la mesure et apprécier cette belle reconnaissance à sa juste valeur, identitaire, culturelle, sociologique, même anthropologique et évidemment politique.
Il était écrit quelque part que Tamzight n’aura pleinement droit de cité chez elle qu’en cette année 2017. Il faut donc s’en féliciter même si l’attente fut très longue compte tenu de l’âpreté du combat contre les forces réactionnaires et les esprits dogmatiques qui avaient du mal à se dégivrer.
Ne restons pas dans ces combats d’arrière- garde et les considérations rétrogrades de certains gardiens du temple qui ne conçoivent l’Algérie que comme une succursale d’un monde Arabe qui plus est, ne la reconnaît pas. Notre pays a une identité enracinée dans les profondeurs de l’histoire que de grandes nations nous envient. Il est aussi le fruit d’un formidable brassage ethnique, linguistique et civilisationnel qui l’a irrigué à travers le temps.
C’est la somme de tous ces apports qui doivent façonner l’Algérien fier de ce qu’il est et ouvert sur les autres. La promotion de Yennayer comme fête nationale du Nouvel An Amazigh n’est finalement qu’une consécration logique d’une réalité sociale et culturelle plusieurs fois millénaire. C’est en quelque sorte une mise à niveau politique d’un vécu. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
L’Algérie aura arraché une épine au pied qui lui faisait si mal en tant que Nation qui se cherche.Il va sans dire que la reconnaissance de Yennayer est une belle et éclatante victoire du combat ô combien long et parsemé d’oppression et de répression, qui a jalonné la cause Amazigh.
«Dda» Mouloud Mammeri peut désormais dormir en paix de son sommeil de juste, lui qui a consacré sa vie à chercher et ramasser les bribes de notre langue et notre identité éparpillés un partout dans ce beau pays. Idir, un autre monument de ce combat, aura lui aussi le grand sourire de pouvoir chanter à gorge déployée dans son pays où il sera désormais reconnu Algérien à part entière. Maintenant que l’hypothèque politique est levée, laissant l’académie des experts faire son travail, loin des extrémismes de parts et d’autres.

H. M.

Check Also

Presse indépendante, dites-vous ?

Me Ali Yahia Abdennour disait un jour : «Quand je défends les droits de l’Homme, …