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Yuba Imazighen revient après 16 ans d’absence: «Ayla-w», un album riche en couleurs

Le chanteur kabyle Yuba Imazighen vient de sortir son deuxième album, intitulé «Ayla-w». Le CD qui contient six titres est disponible depuis quelques semaines chez les disquaires.

Yuba Imazighen est natif de la région Adekkar, dans la wilaya de Béjaïa. Il commence à fredonner des chansons dés l’âge de 14 ans. Déjà enfant, il commençait à chanter devant ses camarades. Etudiant à Alger, il anime plusieurs concerts dans les campus universitaires de la capitale. Encouragé par son public, et son entourage direct, il se met à la création artistique. Yuba Imazighen est influencé par les pionniers de la chanson kabyle, tels Matoub Lounès, Slimane Azem ou encore Boudjemaâ Agraw.

Chanteur engagé

Le premier titre de l’album intitulé «Assirem» est une chanson rythmée avec un texte joyeux et plein d’optimisme. A une époque ou le désespoir s’empare de franges entières de la société, Juba Imazighen incite la jeunesse à «rester debout», car rien n’est réellement perdu. «A zur» est la deuxième chanson du CD. C’est une chanson politique engagée, où l’artiste dénonce les passe-droits sur la société et les magouilles de certains hommes politiques. Il pointe du doigt les injustices qui minent le quotidien des algériens, «on mène le pays droit vers un ravin», dénonce-t-il. «La vie des étoiles est sans cesse menacée…comment le ciel peut-il donner de lumière sans la lune et sans les étoiles ?», s’interroge l’artiste. Le jeune chanteur sort son premier album, intitulé : «Monsieur de la Loi» en 2002.
Dans ce premier album, il rend hommage, notamment, à de grandes personnalités issues de la kabylie, tels Matoub Lounès, Krim Belkacem ainsi qu’au pionnier du combat pour la reconnaissance identitaire, Mouloud Mammeri. La troisième chanson est intitulée : «Yemma». C’est un hommage appuyé à toutes les mères. Yuba chante le malheur et la tristesse de perdre l’être le plus cher au monde. Une fatalité de la nature qui laisse une blessure qui ne se cicatrise jamais. Dans «Ayla-w» ou «ma part», un autre titre du même album, le chanteur met en évidence le fait d’être toujours de ce qu’on est, et de revendiquer sa fierté de ce qu’on a. Admettre sa réalité, s’accepter tel qu’on soit est une des principales conditions d’évolution. «Hamlagh kem» est une chanson d’amour avec une bonne dose de romantisme.

Un bon orchestre

Yuba Imazighen célèbre, à travers cette chanson, les sentiments les plus nobles sur terre : l’amour et la liberté. Le dernier titre intitulé «Tissekrin» est une chanson de fêtes par excellence. Le texte dresse un joli tableau de fête de mariage dans les villages kabyles, avec toutes les pratiques et rites que cela suppose. A noter que ce deuxième album de Yuba Imazighen est complètement acoustique. Le chanteur, ayant fait son enregistrement au Studio Pro d’Alger, a fait appel à des musiciens de talent, connus sur la scène nationale, notamment Dahmane B. à la mandole et au Banjo, Moh Sorecal à la percussion, Aïssa Belaïdi à la basse, Alaa Khodir au Synthétiseur et Hichem au piano, qui a également assuré les arrangements de cet album.
Une jolie petite équipe de professionnels qui a fait un beau travail. Ce CD, produit par Hichem Prod, est disponible depuis quelques semaine.

Arezki Ibersiene

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